Retour sur la session d’accueil de personnes en souffrance au travail

Du 18 au 22 septembre 2017, à la Chapelle-Montligeon, a eu lieu la première session d’accueil intitulé « Du sentiment d’effondrement du soi à la redécouverte de soi ». Retour sur une semaine riche de rencontres et d’expériences…

Une rencontre inédite pour une préoccupation partagée

Les souffrances au travail constituent aujourd’hui un sujet d’actualité très développé et très médiatisé.

Il y a dix ans, témoigner de son burnout à son entourage relevait du tabou.

Aujourd’hui le burnout se confond avec surmenage, Brown-out, bore-out, burn-in… Et il ne faudrait pas oublier toutes les formes de harcèlement… et elles relèvent encore du tabou dans bien des situations…

En parler est une chose, l’accueillir en est une autre.

La prise en compte des souffrances liées au travail reste confinée à la sphère intime des cabinets des médecins et autres praticiens de l’accompagnement.

Une rencontre inédite eut lieu en décembre 2017 entre Don Paul DENIZOT, chapelain du sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon attaché à la thématique du travail et des souffrances liées au travail, Vincent Bühler, psychologue et coach certifié et Nicolas IORDANOFF, consultant en management et coach certifié spécialisé en gestion du stress et des risques psychosociaux.

Cette rencontre confirma l’intérêt de mettre en œuvre un processus original et dynamique d’accueil des personnes en souffrances en travail ouvert à toutes et à tous, indifféremment des métiers et des fonctions exercées, des cadres de vie et des opinions politiques et syndicales ou encore des convictions spirituelles.

Concevoir un accueil dynamique de la personne et de sa souffrance

Les réflexions ont ciblé quatre objectifs :

  • Accueillir la personne et sa souffrance en la partageant de manière inconditionnelle, bienveillante et respectueuse du rythme de chacun,
  • S’appuyer sur les dynamiques naturelles de l’individu et du groupe pour accompagner dans la compréhension des mécaniques de la personnalité, du Moi et du Soi qui sont impliquées dans la souffrance,
  • Repartir avec des outils et des pistes en vue du retour vers la vie active en poursuivant les découvertes et les dynamiques déclenchées pendant la session.
  • Créer un format pouvant être développé en tout lieu d’accueil et en complémentarité avec celui-ci à disposition des individus mais aussi des entreprises et des organisations soucieuses du bien-être de leurs collaborateurs.

Les fondamentaux théoriques du processus d’accompagnement

L’élaboration du processus d’accompagnement s’est déroulée sur plusieurs mois imbriquant :

  • Les dimensions sociales et organisationnelles du travail,
  • Les dimensions psychologiques et interactionnelles de l’individu,
  • Et les dimensions anthropologiques, philosophiques et spirituelles de la personne et de la souffrance.

Ainsi, il a été retenu de construire sur cinq jours un processus dynamique. C’est-à-dire construit sur la base du jeu et de l’apprentissage actif privilégiant la découverte par soi-même des dynamiques émotionnelles et cognitives à des apprentissages académiques et des apports théoriques.

Le principe d’accompagnement est construit sur  la base d’ateliers collectifs et des accompagnements individuels, qui permettent aussi d’accompagner, dans un cadre très rassurant et sécurisant, des personnes en recherche d’autonomie.

Les apports qui ont nourri le projet ont été puisés chez Carl Rogers et Marshall Rosenberg, Gregory Bateson, D. W. Winnicott et Erwin Goffman, Victor Frankl et Alex Pattakos, Paul Watzlawick et Alfred Korzybski…

Un projet attendu qui répond à des attentes

Cette première session confirme l’efficacité du processus qui a été mis en œuvre :  les personnes en souffrance professionnelle ont besoin de nommer leur souffrance, d’identifier les mécanismes qu’elle met en jeu, de se replacer au centre du jeu qu’est leur travail et de développer en eux une posture qui répond à leur dynamique propre. Ainsi, si l’on en juge par les retours des personnes en fin de séjour, l’objectif est atteint :

D’une manière globale, elles sont reparties « nourries », « pausées », « enrichies » et en « découverte de ses potentiels », « restaurées », « légitimées » en ayant élargi la compréhension des émotions, des besoins, des valeurs, en « mettant des mots », en comprenant la nature de la souffrance point rencontre entre ce qui m’appartient et ce qui est à l’autre (personne/organisation), « avec des prises de conscience », « avec le droit d’expérimenter », « prêtes à faire face demain »…

Accueillis dans un cadre confortable, convivial qui s’investit sur la question de l’Homme au travail dans une perspective où il se réalise et réalise sa mission, les participants ont pu renforcer leurs découvertes et apprentissages par l’intermédiaire d’un groupe solide et bienveillant.

A l’issue de cette session la réflexion continue pour améliorer le processus, une session est en cours de programmation pour début 2018 et le champ s’élargit vers les questions de la formation des aidants et des écoutants de la souffrance au travail ainsi que l’accompagnement de managers, de dirigeants, de responsables de ressources humaines, des représentants du personnel et syndicaux qui souhaitent promouvoir un travail collaboratif responsable et humain.  En bref, prévenir les souffrances au travail, les écouter et les transformer en valeurs humaines ajoutées.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.